Olivia Stainier / Jeu de société

Dans le cadre de « Un futur pour la Culture », 
Théâtre & Publics a le plaisir d’accompagner le « chantier théâtral » Jeu de société mis en scène par Olivia Stainier, avec Samy Caffonnette, Emma Cohen Hadria et Romain Njoh Doualla.

Première résidence en juin 2020 dans le Périgord

Au 18ème siècle, dans les jardins du palais de Chantilly, les nobles jouaient à un jeu de l’oie géant en utilisant leurs valets comme pions.

Je pense que les jeux de société reflètent nos cultures tout en mettant chaque joueur.euse face aux autres et face à soi-même. Je souhaite inventer un jeu de société grandeur théâtre et reconnecter ma pratique à un rituel qui engage les communautés. Je pense qu’aujourd’hui nous reproduisons des règles dont nous avons hérité, que nous n’avons pas choisies et qui nous mettent en crise. Ce projet vise à disséquer et remettre en jeu le contrat social.
Il s’agit d’un récit qui se construit à la lisière du conte et du théâtre. Les acteur.rices jouent tous les rôles. Une voix, le ton ou un tic physique permettent d’identifier les personnages. La parole circule rapidement du discours direct à l’indirect, on est un professeur d’école et une vieille femme, les pensées du héros puis les apostrophes qui l’entourent. On renoue avec le plaisir d’inventer une histoire ensemble. La chorégraphie des corps qui se déplacent sur le plateau vient dé-ranger l’assujettissement des comédien.nes aux règles de la narration et de la mise en scène. Les mouvements empruntés à la danse et à la gymnastique permettent de suspendre le temps. Respirations ou sursauts, ces ellipses sont l’occasion de perspectives historiques et d’introspections psychologiques. Les institutions ne sont après tout que des structures de jeux prises au sérieux. L’intime et le politique s’entremêlent autour de cette question : qu’est-ce que ça fait de se sentir seul.e alors qu’on est entouré.e ?
La scénographie invite à mettre l’imaginaire en chantier. Elle est avant tout très épurée pour laisser place à la simplicité du rapport au public.
Aucun objet physique n’encombre la scène. Le décor est seulement représenté par des marques au sol qui délimitent un espace de jeu, un dedans et un dehors. Pour que le spectacle soit dans la continuité du processus, l’ensemble des protagonistes du spectacle sont à vue, rien n’est caché : pas de coulisses, une régie assumée. On préserve l’équation entre les quatre protagonistes, le spectacle est encore en mouvement, en train de se faire.
La démarche est transparente et le public a toutes les clés pour lire entre les lignes.
Olivia Stainier